Kara Zor-El dessinée par Bilquis Evely pour le comics Supergirl : Woman of Tomorrow de Tom King, adapté au cinéma en 2026

Supergirl : Woman of Tomorrow, le comics de Tom King qui a inspiré le film

Comics Supergirl Tom King ⏱ 9 min de lecture

Supergirl : Woman of Tomorrow est la mini-série de Tom King et Bilquis Evely qui a changé la façon de voir Kara Zor-El, et qui a servi de base au film Supergirl sorti en 2026. Huit numéros, une planète au soleil rouge, une petite fille qui veut venger son père et un chien blessé. Dans cet article, vous découvrirez : la genèse du projet, l'histoire complète de Ruthye et de Kara, ce que le comics change au personnage, le style de Bilquis Evely, la réception critique, et ce que le film en a gardé ou transformé. À la fin, vous saurez pourquoi ce comics est devenu la lecture indispensable sur Supergirl.

La genèse : Tom King, True Grit et une Supergirl adulte

En 2021, Tom King est l'un des scénaristes les plus en vue de DC Comics. Ancien agent de la CIA devenu auteur, il a signé Mister Miracle, Batman et Strange Adventures, des récits qui prennent des super-héros connus pour en faire des personnages intimes. Quand DC lui propose Supergirl, il part d'un constat : personne ne sait vraiment qui est Kara.

Son idée initiale vient d'un western. King voulait adapter la structure de True Grit, le roman de Charles Portis et le film de 1969 : une jeune fille engage un homme dur pour venger son père, et le récit est raconté par elle, des années plus tard. Dans sa première version, le rôle de l'homme dur devait revenir à Lobo. DC a préféré une Supergirl seule, et le personnage de Lobo n'apparaîtra que dans le film.

La mini-série est publiée en huit numéros, de juin 2021 à février 2022, dessinée par Bilquis Evely, mise en couleurs par Matheus Lopes et lettrée par Clayton Cowles. Le format court, hors continuité, laisse à King une liberté totale.

Notre article sur Kara Zor-El retrace l'ensemble de l'histoire du personnage ; celui-ci se concentre sur le comics qui l'a redéfini.

L'histoire : Ruthye, Krem et un chien blessé

Le récit est raconté par Ruthye Marye Knoll, une petite fille d'une planète rurale, dont le père a été tué par un mercenaire, Krem des Collines jaunes. Ruthye veut se venger. Elle cherche un tueur à engager et tombe sur Kara Zor-El, qui fête seule son vingt et unième anniversaire sur une planète au soleil rouge, sans pouvoirs, et passablement ivre.

Kara refuse d'abord de tuer pour de l'argent. Mais Krem, avant de s'enfuir, blesse Krypto d'une flèche empoisonnée et vole leur vaisseau. Pour sauver le chien, il faut retrouver l'antidote, donc retrouver Krem. La poursuite commence, de planète en planète, à bord d'un vaisseau de transport plein de réfugiés.

Chaque numéro est une étape de ce voyage : un monde où Kara affronte des brutes sans pouvoirs, un autre où elle retrouve sa force, un autre encore où elle raconte à Ruthye la destruction de Krypton et ses années dans l'espace, à dériver dans la capsule qui devait la conduire à son cousin.

La fin ne sera pas racontée ici, mais elle repose sur une question simple : que vaut la vengeance quand on a tout perdu ? Ruthye, qui écrit ces pages des années après, y répond à sa façon.

Ce que le comics change à Kara Zor-El

La Supergirl des comics a longtemps été une version adolescente et souriante de son cousin. Tom King en fait une survivante. Là où Kal-El a grandi sur Terre sans souvenir de Krypton, Kara a vécu la destruction de sa planète, a vu Argo City mourir lentement, et est arrivée sur Terre trop tard pour élever le bébé qu'elle devait protéger.

Cette différence, que notre dossier sur ce qui distingue Supergirl de Superman développe, est le cœur du comics. Kara est en colère, elle boit, elle doute, et pourtant elle refuse de devenir ce que Krem est. Sa force n'est pas dans ses pouvoirs, souvent absents, mais dans ce refus.

King écrit aussi une Kara qui parle. Les longs monologues où elle raconte Krypton à Ruthye sont parmi les pages les plus citées de la série, et donnent au personnage une histoire que soixante ans de comics n'avaient jamais tout à fait fixée.

Enfin, il fait d'elle une adulte. Vingt et un ans, une vie de deuil derrière elle, et le choix, à la fin, de ce qu'elle veut être. Le titre, Woman of Tomorrow, répond au Man of Tomorrow de son cousin, et le mot « femme » n'y est pas un hasard.

Le dessin de Bilquis Evely et les couleurs de Matheus Lopes

Bilquis Evely, dessinatrice brésilienne remarquée sur Wonder Woman et The Dreaming, donne à la série son identité visuelle. Ses planches sont d'une densité rare : chaque monde possède sa faune, son architecture, ses vêtements, dessinés avec une précision d'illustratrice de livre plutôt que de comics de super-héros.

Le choix de faire vieillir le costume de Kara, sali, déchiré, puis remplacé par des tenues locales, participe de cette approche. Supergirl n'est pas une icône propre ; c'est une voyageuse qui traverse des lieux hostiles.

Les couleurs de Matheus Lopes font le reste. Les soleils rouges, les déserts ocre, les nuits violettes : la série est l'une des plus belles publiées par DC ces dernières années, et beaucoup de lecteurs l'ont achetée pour les images avant l'histoire.

Ce travail a valu à la série une nomination aux Eisner Awards 2022, dans la catégorie meilleure mini-série, la récompense la plus prestigieuse de la bande dessinée américaine.

Krypto, le vrai cœur du récit

Il faut le dire : le personnage le plus important de Woman of Tomorrow après Kara est un chien. Blessé dès le premier numéro, Krypto est la raison de tout le voyage, et son état commande chaque décision de Kara.

Tom King utilise ce ressort avec une économie remarquable. Krypto ne parle pas, n'a presque aucune scène d'action, et pourtant chaque page où il apparaît est chargée. Il incarne ce que Kara a de plus fragile : un être qu'elle aime et qu'elle risque, une fois encore, de perdre.

Notre article sur Krypto retrace l'histoire du super-chien depuis 1955 ; dans ce comics, il n'est ni comique ni héroïque, mais simplement vivant, et c'est ce qui compte.

Le film de 2026 a conservé ce ressort. Krypto, déjà présent dans le Superman de James Gunn, y est à nouveau le lien entre les deux cousins kryptoniens.

La réception : un classique immédiat

📚 À sa sortie, la presse spécialisée a parlé d'un sommet. Polygon a estimé qu'il s'agissait de « la meilleure chose que Tom King ait faite depuis Mister Miracle », et la série a été nommée aux Eisner Awards 2022 comme meilleure mini-série.

Les critiques ont salué trois choses : la voix de Ruthye, narratrice d'un autre âge dont la langue soutenue tranche avec la violence des événements ; la Kara adulte et abîmée ; et la beauté des planches. Certains lecteurs ont regretté le rythme lent et le peu d'action, mais c'est précisément le choix du livre.

Le succès en librairie a suivi. L'album relié, sorti en 2022, est devenu l'une des portes d'entrée les plus recommandées pour découvrir Supergirl, au même titre que All-Star Superman pour son cousin.

Surtout, la série a eu une conséquence rare pour un comics : elle a été choisie comme base du premier film Supergirl depuis 1984. James Gunn a expliqué l'avoir lue et avoir voulu en garder le ton.

Du comics au film de 2026

Le film Supergirl, d'abord annoncé sous le titre Supergirl : Woman of Tomorrow, est sorti le 26 juin 2026, réalisé par Craig Gillespie sur un scénario d'Ana Nogueira. Milly Alcock y incarne Kara, Eve Ridley joue Ruthye et Matthias Schoenaerts prête ses traits à Krem.

La différence principale avec le comics est l'ajout de Lobo, interprété par Jason Momoa. Le personnage n'apparaît pas dans la série, mais il faisait partie de la première idée de Tom King, celle du duo façon True Grit. Le film revient donc, d'une certaine façon, au projet d'origine.

Le résultat commercial a été décevant. Le film a ouvert à environ 37 millions de dollars aux États-Unis, loin des attentes, et la presse américaine a rapidement parlé d'un échec au regard de son budget. La critique, partagée sur l'ensemble, a en revanche largement salué la prestation de Milly Alcock.

Pour les lecteurs, le film reste une adaptation fidèle dans l'esprit : une Kara en colère, une petite fille qui veut se venger, un chien blessé et un voyage. Ce qui manque à l'écran se trouve dans les pages.

Comment lire Woman of Tomorrow aujourd'hui

La série est disponible en un seul album, en version originale sous le titre Supergirl: Woman of Tomorrow et en édition française chez Urban Comics. Huit chapitres, un peu plus de deux cents pages : une lecture d'un après-midi, qui ne demande aucune connaissance préalable de l'univers DC.

Quelques repères aident cependant. Savoir d'où vient Kara, et pourquoi son histoire diffère de celle de Kal-El, donne aux monologues sur Krypton toute leur portée : notre dossier sur Argo City explique ce qu'elle a vécu avant la Terre.

Pour ceux qui viennent du film, l'album permet de retrouver la voix de Ruthye, que l'écran ne pouvait pas restituer entièrement, et une fin sensiblement différente dans ses détails.

Enfin, c'est le comics à offrir à qui pense que Supergirl est « la version fille de Superman ». Après ces huit numéros, plus personne ne fait la confusion.

FAQ — Questions fréquentes

Qu'est-ce que Supergirl : Woman of Tomorrow ?

Une mini-série DC Comics en huit numéros, publiée de juin 2021 à février 2022, écrite par Tom King et dessinée par Bilquis Evely. Elle raconte le voyage de Kara Zor-El avec une petite fille, Ruthye, à la poursuite du tueur de son père.

Qui sont Ruthye et Krem ?

Ruthye Marye Knoll est la narratrice, une enfant d'une planète rurale dont le père a été assassiné. Krem des Collines jaunes est le mercenaire qu'elle veut faire tuer, et qui blesse Krypto au début du récit.

Faut-il connaître les comics DC pour le lire ?

Non. La série est hors continuité et se lit seule. Connaître l'origine de Kara et la destruction d'Argo City aide à apprécier ses monologues sur Krypton.

Le film Supergirl de 2026 est-il fidèle au comics ?

Dans l'esprit, oui : Kara, Ruthye, Krem, Krypto blessé et le voyage. Le film ajoute Lobo, joué par Jason Momoa, absent du comics mais présent dans la première idée de Tom King.

Le comics a-t-il reçu des prix ?

Il a été nommé aux Eisner Awards 2022 dans la catégorie meilleure mini-série et a été largement salué par la critique.

Où le lire en français ?

En album chez Urban Comics, sous le titre Supergirl : Woman of Tomorrow. L'édition rassemble les huit numéros.

Conclusion

Supergirl : Woman of Tomorrow a fait pour Kara ce que All-Star Superman a fait pour son cousin : donner au personnage un récit définitif, à la fois accessible et profond. Une petite fille, un chien blessé, une héroïne qui refuse de devenir un monstre : Tom King et Bilquis Evely ont trouvé l'histoire que Supergirl attendait depuis 1959.

Pour la première adaptation de Kara au cinéma, quarante ans plus tôt, lisez notre article sur Supergirl (1984).

Le film de 2026 n'a pas eu le succès du comics, mais il en a transmis l'essentiel à un public plus large. Pour le reste, il y a les pages, et elles n'ont pas vieilli.

Pour prolonger, notre portrait de Milly Alcock raconte l'actrice du film, et notre article sur Kara Zor-El remonte aux origines de l'héroïne.

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