Ultra-Humanité : le premier adversaire récurrent de Superman et ses changements de corps
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Tout savoir sur Ultra-Humanité, le savant qui a été le premier adversaire récurrent de Superman, un an avant que Lex Luthor n'existe. Vous trouverez ici son état civil, son entrée en scène en 1939, et ce qui fait sa singularité dans la galerie des ennemis de l'Homme d'Acier : il ne garde jamais le même corps. Un vieillard en fauteuil roulant, puis une actrice de cinéma, puis un gorille albinos de 302 kg — et la liste continue jusqu'en 2021. Vous verrez aussi pourquoi DC l'a mis de côté pendant quarante ans.
📋 Sommaire
- Ultra-Humanité : qui est ce savant qui change de corps
- Action Comics #13 (1939) : l'entrée en scène
- Pourquoi Ultra-Humanité est le premier adversaire récurrent de Superman
- Dolores Winters : le corps de l'actrice qui change tout
- Le gorille albinos : le corps qui tient
- Les changements de corps d'Ultra-Humanité : la mécanique et sa limite
- Avril 1940 : Lex Luthor prend la place
- De Terre-2 à Stealing Thunder : les retours d'Ultra-Humanité
- Gerard Shugel : l'origine réécrite en 2009
- Superman and the Authority : il réclame son titre en face du héros
- Ultra-Humanité à l'écran : animation, séries et jeux vidéo
- FAQ — Questions fréquentes
- Conclusion
Ultra-Humanité : qui est ce savant qui change de corps
Ultra-Humanité est un ennemi de Superman qui n'a presque jamais combattu avec son propre corps. C'est un savant, surnommé « Ultra », et son arme est son cerveau — au sens littéral, puisqu'il le fait transplanter d'un corps dans un autre. Il arrive dans Action Comics #13, daté de juin 1939, soit douze numéros et un an après la première aventure du héros.
Son corps de départ ne laisse rien présager : un vieillard paralysé des membres inférieurs, en fauteuil roulant, sans aucune capacité physique. Il n'avance que par l'intellect, ses inventions et des hommes de paille. C'est tout le dessin du personnage, construit comme l'inverse exact de Superman : un corps infirme sous un esprit souverain, là où le héros a un corps souverain et l'intelligence d'un homme ordinaire. Le nom lui-même est un quasi-synonyme de « Superman ».
Sa place dans la galerie des adversaires est à part. Il n'est pas une puissance brute, ni une intelligence machine comme celle venue de Colu, ni un industriel comme le patron de LexCorp, dont la première version, un savant fou, arrive dix mois après lui — l'homme d'affaires et son empire ne datent que de la refonte de 1986. Ce qui le définit est une mécanique : changer d'enveloppe, y compris d'espèce, et continuer la partie.
L’essentiel
- Nom de scène : l'Ultra-Humanité (the Ultra-Humanite), surnommé « Ultra »
- Nom réel : aucun à l'époque Golden Age : les fiches du personnage historique portent « inconnu ». « Gerard Shugel » est une révision tardive, de 2009
- Première apparition : Action Comics #13, date de couverture juin 1939 (mis en vente en avril 1939)
- Récit : « Superman vs. the Cab Protective League »
- Créateurs : Jerry Siegel au scénario, Joe Shuster au dessin — Paul Cassidy a dessiné le récit en ghost artist pour Shuster, sous la direction de Vincent Sullivan
- Corps documentés : un vieillard paralysé, l'actrice Dolores Winters, un gorille albinos muté, Johnny Thunder âgé, un corps humain cloné, Solomon Grundy
- Affiliations : Secret Society of Super-Villains, Time Stealers
- Statut dans l'histoire de DC : premier adversaire récurrent de Superman, avant Lex Luthor
Action Comics #13 (1939) : l'entrée en scène
Le récit s'intitule « Superman vs. the Cab Protective League ». Superman s'attaque à un racket qui pressure les chauffeurs de taxi, mené par un certain Jackie Reynolds. L'enquête tourne vite : Reynolds n'est qu'un exécutant, et le commanditaire se cache derrière lui. C'est là qu'apparaît le vieillard en fauteuil roulant.
La suite est une scène de serial. Piégé par une décharge électrique, Superman se retrouve attaché sous une scie circulaire. La lame se brise sur la peau du Kryptonien, et ce sont les éclats qui tuent Reynolds. Le savant s'échappe en avion ; Superman fait tomber l'appareil, mais ne retrouve aucun corps dans l'épave.
La date circule sous deux formes. La couverture porte juin 1939, confirmée par les fiches d'édition, tandis que la mise en vente est antérieure, en avril 1939. Une vieille page de fans donne juillet, qu'aucune source de référence ne suit. Côté crédits, les deux créateurs de Superman signent le personnage, avec Paul Cassidy derrière la planche.
Pourquoi Ultra-Humanité est le premier adversaire récurrent de Superman
Le titre n'est pas une formule, c'est une question de comptage. En 1939, les antagonistes de Superman sont des criminels d'un seul numéro : ils arrivent, ils tombent, on ne les revoit pas. Celui-là revient. Dans Action Comics #14, daté de juillet 1939, il est derrière Star, Inc., la société qui a bâti les tunnels du métro avec des matériaux de mauvaise qualité ; dans le #17, daté d'octobre, derrière une entreprise d'extorsion, où Superman le décrit comme un savant fou qui veut dominer la Terre.
Six récits le mettent en scène entre juin 1939 et février 1940. Aucune source ne se présente comme exhaustive, mieux vaut donc s'en tenir à ce chiffre qu'à une liste fermée. Elles divergent aussi sur la formule : premier super-vilain affronté par Superman pour certaines, premier ennemi récurrent pour d'autres. La seconde est la plus sûre, parce que les deux la soutiennent.
Le #19, daté de décembre 1939, s'intitule « Superman and the Purple Plague ». Le savant lâche une peste pourpre sur la ville du héros, puis meurt quand Superman le place devant son propre pistolet électrique. Ses assistants le raniment à l'adrénaline, mais le corps est condamné. Pour tout autre vilain de 1939, le dossier serait clos ; pour celui-là, c'est le point de départ.
Ultra-Humanité contre Superman : les dix mois du Golden Age
Dolores Winters : le corps de l'actrice qui change tout
Action Comics #20, daté de janvier 1940, s'intitule « Superman and the Screen Siren », et c'est le numéro qui fait du personnage autre chose qu'un commanditaire de plus. Ses hommes enlèvent une jeune actrice, Dolores Winters, et transplantent dans son corps le cerveau du savant mourant. Le vilain reprend ses affaires sous un visage connu du public.
« Dolores » prend en otage un yacht de célébrités contre rançon. Superman reconnaît son ennemi au regard, au moment où elle menace ses captifs d'un chalumeau : le corps change, l'intention reste lisible. Le #21, daté de février 1940 et titré « The Atomic Disintegrator », le garde dans ce corps — il enlève le physicien atomique Terry Curtis, le force à construire un désintégrateur, puis disparaît dans le cratère d'un volcan. C'est sa dernière apparition Golden Age face à Superman.
L'actrice n'a pas été oubliée. JSA Classified #20, daté de février 2007, la ramène vivante : son cerveau avait été placé dans un autre corps quand le savant prenait le sien. Dans la galerie des femmes de cet univers, elle occupe une place rare — victime d'un vilain, et vilaine aux yeux de tous pendant deux numéros.
Le gorille albinos : le corps qui tient
C'est l'image qui a survécu au personnage : un gorille albinos géant, pelage blanc, yeux rouges. Les fiches lui donnent 2,36 m et 302 kg, avec force et résistance surhumaines. Il apparaît pour la première fois sous cette forme dans Justice League of America #195 à #197, datés d'octobre, novembre et décembre 1981, dans l'arc « Targets of Two Worlds » — Gerry Conway, George Pérez, John Beatty, Len Wein à l'édition.
La formulation compte : ces numéros le montrent déjà installé dans le singe, et aucune source ne nomme un épisode antérieur où la greffe serait montrée. Dans l'arc, il reconstitue la Secret Society of Super-Villains avec des vilains venus de deux Terres parallèles, et prépare le retrait de dix héros du multivers pour déséquilibrer la balance cosmique. L'équipe du héros figure au premier rang des cibles.
Sur le passage du corps de l'actrice à celui du gorille, les sources divergent, et il n'y a pas lieu de choisir : une version situe la scène en 1948, avec Per Degaton et un jeune Despero qui le tirent d'un hôpital alors qu'un cancer le condamne ; une autre, publiée en 2009, la place au Congo. Les deux sont canoniques à leur date et ne se recouvrent pas.
Les changements de corps d'Ultra-Humanité : la mécanique et sa limite
Au départ, c'est de la chirurgie : un cerveau retiré, un cerveau posé, et aucun rejet de greffe, y compris d'une espèce à une autre. Plus tard, il obtient le transfert direct de sa conscience, sans opération. C'est sa signature, et ce qui le rend difficile à tuer : détruire le corps ne règle rien tant que le cerveau trouve où aller.
La mécanique a un coût que les récits n'ont jamais gommé. Les corps humains ordinaires se dégradent sous son activité mentale, de plus en plus vite. Le gorille albinos n'est donc pas un choix d'esthétique mais d'ingénieur : un réceptacle assez robuste pour durer. Son registre mental est large — hypnose, télépathie, télékinésie, décharge mentale, contrôle des gorilles — et son hypnose a déjà atteint presque toute une équipe de héros d'un coup.
Ses connaissances comptent autant. Il sait guérir le cancer, donner des capacités à des humains ordinaires, construire armes, véhicules et machines en avance sur son époque, et il manie un artefact nommé Powerstone. Face à l'arsenal kryptonien, tout cela contourne le problème au lieu de l'affronter : une attaque mentale ne se heurte pas à une peau invulnérable, comme chez le trublion de la cinquième dimension.
| Corps | Où on le voit | Ce que ce corps change |
|---|---|---|
| Un vieillard paralysé | Action Comics #13 à #19 (1939) | Aucun pouvoir physique. Il n'avance que par l'intellect, ses inventions et des hommes de paille. |
| Dolores Winters, actrice | Action Comics #20 et #21 (1940) | Un visage connu du public, un accès aux cercles de célébrités, et l'effet de surprise. |
| Un gorille albinos muté | JLA #195-197 (1981), puis la plupart de ses retours | 2,36 m et 302 kg : force et résistance surhumaines, et un corps qui ne se dégrade pas vite. |
| Johnny Thunder âgé | JSA #32-37 (2002) | L'accès au stylo qui commande le Thunderbolt, donc à un pouvoir presque sans plafond. |
| Un corps humain cloné | Power Girl (vol. 2) #11 (2010) | Un corps neuf, débarrassé de la maladie dégénérative qui le rongeait. |
| Solomon Grundy | Superman and the Authority #4 (2021) | Une masse très difficile à abattre — mais un corps végétal, et donc une faille nouvelle. |
Avril 1940 : Lex Luthor prend la place
Action Comics #23, daté d'avril 1940, fait entrer Lex Luthor. L'effet est immédiat : le savant est écarté et ne reparaîtra pas en comics pendant des décennies. Le cas est unique dans le catalogue des ennemis de Superman — un vilain dont la fonction narrative a été littéralement reprise par un autre personnage.
La comparaison entre les deux est devenue un passage obligé, et c'est là qu'il faut se méfier. Une encyclopédie affirme que le savant serait deux fois plus intelligent que Luthor ; une base de données se contente d'un « certains le disent plus intelligent », en renvoyant à une réplique de bande dessinée. C'est donc une phrase dans une bulle, pas une donnée : rien à chiffrer.
Ce qui les sépare vaut mieux qu'un classement. Luthor veut gagner dans le monde tel qu'il est : il bâtit une entreprise, une réputation, et finira par viser la Maison-Blanche. L'Ultra-Humanité veut d'abord un corps, la domination vient ensuite. L'un capitalise, l'autre se recycle — et le second a longtemps été plus difficile à tenir dans une série mensuelle.
De Terre-2 à Stealing Thunder : les retours d'Ultra-Humanité
Le retour a lieu dans Superman Family #201, daté de juin 1980, où il devient l'antagoniste récurrent du feuilleton « Mr. & Mrs. Superman » — les premières années du mariage du Superman de Terre-2 et de Lois Lane. DC avait entre-temps versé toute la continuité Golden Age sur cette Terre parallèle : le vilain de 1939 n'affrontait plus le même héros que le couple suivi en kiosque.
Vient ensuite la « Guerre Ultra », son crossover le plus retors. Dans All-Star Squadron Annual #2, daté de novembre 1983, et Infinity, Inc. #1 et #2, datés de mars et mai 1984, il agit en 1942 dans le corps de Dolores Winters et s'allie à sa propre version future, le gorille. Il hypnotise toute l'équipe d'Infinity, Inc. envoyée dans le passé, et échoue quand elle se libère.
Crisis on Infinite Earths change la donne : le Superman de Terre-2 sort de la continuité et le savant est exclu du redémarrage du héros. Ses anciens combats sont réécrits contre d'autres héros des années 1940, et il devient un ennemi de la JSA. Son coup le plus ambitieux vient de là : dans JSA #32 à #37, de mars à août 2002, sous le titre « Stealing Thunder », installé dans le corps du Johnny Thunder âgé, il obtient le stylo qui commande le Thunderbolt et prend la Terre, qui devient presque un esprit unique.
Gerard Shugel : l'origine réécrite en 2009
Pendant soixante-dix ans, le personnage n'a pas de nom civil : les fiches du vilain historique portent « inconnu ». C'est Power Girl (volume 2) #2, daté d'août 2009, qui lui en donne un, Gerard Shugel, et réécrit son mobile. Shugel naît avec une intelligence hors norme et une maladie dégénérative qui ronge son corps. La transplantation cesse d'être un caprice de savant fou : elle devient une manière de rester en vie.
Le même numéro lui donne une comparse, Satanna, chercheuse de sa promotion, avec qui il travaille la greffe et l'hybridation animale. Chassés par des militants des droits des animaux, les deux s'installent en République démocratique du Congo, où Satanna transplante le cerveau de Shugel dans un gorille albinos modifié. Dans le #11, daté de juin 2010, Power Girl obtient qu'on lui clone un corps humain neuf, débarrassé de la maladie. Shugel feint la rédemption.
Deux précautions avec ce nom. C'est une révision de 2009 : l'Ultra-Humanité de 1939 ne « s'appelait » pas Gerard Shugel. Et le rapprochement souvent cité entre « Shugel » et les patronymes de Shuster et Siegel est visible, mais il n'est avancé que par une encyclopédie, sans note de référence — une lecture plausible, pas un fait établi par l'éditeur.
À ne pas confondre avec Ultra-Humanité
- Ultraman. C'est le Superman inversé de Terre-3, membre du Syndicat du Crime, et ce double maléfique n'a rien à voir avec un savant greffeur de cerveaux.
- Xavier Simon. Un ennemi de Batman, apparu dans Detective Comics #481 (janvier 1979) et #482 (mars 1979) sous la plume de Jim Starlin, qui transfère lui aussi son esprit dans un gorille albinos. Les bases de données notent la ressemblance et précisent qu'il s'agit d'un autre personnage.
- Morgan Wilde. Le « U.L.T.R.A. Humanite » de Legends of the DC Universe #1 à #3, à partir de février 1998, est un savant endeuillé qui transfère son essence vitale. Autre personnage, et une histoire qui met en scène le Superman post-Crisis de l'univers principal.
- Gorilla Grodd. Grodd est un ennemi de Flash, et il est né singe. L'Ultra-Humanité est un humain dans un corps de gorille — la différence est tout le personnage.
- Les faux Superman. Ni Hank Henshaw ni le double raté du héros n'ont de rapport avec ses corps d'emprunt, et il n'est pas kryptonien : aucun lien avec les variétés de kryptonite.
Superman and the Authority : il réclame son titre en face du héros
Avant ce retour, un détour. Le redémarrage New 52 remet tout à plat : dans Action Comics (volume 2) #37, daté de février 2015, l'Ultra-Humanité n'est plus un savant mais un extraterrestre de la Zone Fantôme qui se nourrit de la peur. Le concept n'a pas tenu : Deathstroke (volume 4) #24, daté de décembre 2017, rétablit le génie au cerveau logé dans le gorille albinos.
La mini-série Superman and the Authority, quatre numéros de septembre à décembre 2021, lui rend son statut — et le lui fait dire à voix haute. Il est le cerveau derrière la menace ; dans le #3 il transfère son cerveau dans un nouveau corps ; dans le #4, occupant celui de Solomon Grundy, il affronte Superman dans la cité kryptonienne mise en bouteille et lui lance en face que c'est lui, et non Luthor ou le buveur d'énergie de Metropolis, qui a été son premier véritable ennemi.
La fin du combat est une leçon de ciblage. Superman coupe l'alimentation kryptonienne de la cité, la journaliste du Daily Planet tire une charge de kryptonite blanche — un défoliant, efficace contre un corps végétal comme celui de Grundy — et Superman arrache la tête. L'analyse révèle que Shugel n'avait pas les moyens d'une telle greffe seul : il a été aidé, et son bienfaiteur est Brainiac. Le récit annonce enfin sa prochaine cible, le fils de Clark et Lois.
Ultra-Humanité à l'écran : animation, séries et jeux vidéo
L'adaptation qui a fait le plus pour sa notoriété est le Justice League animé du début des années 2000. Dans « Injustice for All », diffusé en deux parties les 6 et 13 septembre 2002, il siège dans l'Injustice Gang de Luthor sous la forme du gorille albinos — et il la trahit. Amateur d'opéra, hostile à l'art moderne, il est retourné par Batman, qui double le cachet promis par Luthor sous forme de don culturel. Il revient dans « Comfort and Joy », le 13 décembre 2003, où il répare le jouet qu'il avait cassé pour qu'il raconte Casse-Noisette à des orphelins, aux côtés de Flash.
Les autres passages le traitent autrement. Dans Batman: The Brave and the Bold, épisode « Four Star Spectacular! » du 4 novembre 2011, ce n'est plus un gorille mais un cerveau dans un petit bocal robotisé capable de posséder autrui, derrière la disparition des Alliés sur Dinosaur Island en 1943. Dans Young Justice, il reprend le gorille et porte le matricule L-10 au sein de l'organisation appelée la Lumière.
La version en prise de vues réelles arrive avec la troisième saison de Stargirl, sous-titrée « Frenemies », lancée le 31 août 2022 sur The CW, dont l'intrigue se noue dans les derniers épisodes, de novembre et décembre. La série ose un clin d'œil direct au comic : c'est le Dragon King qui a greffé le cerveau de l'Ultra-Humanité dans le corps de l'actrice Dolores Winters. Il s'en fait ensuite transférer dans celui de Starman pour viser la présidence comme porte-voix d'Icicle, avant que Pat Dugan n'endommage son cerveau sans retour. Joel McHale, qui joue aussi Starman, est crédité pour le personnage ; côté séries télévisées, la liste s'arrête là.
| Production | Forme à l'écran | Voix ou interprète |
|---|---|---|
| Justice League (DCAU), 2002-2003 | Le gorille albinos, membre puis traître de l'Injustice Gang de Luthor | Ian Buchanan |
| Batman: The Brave and the Bold, 2011 | Un cerveau dans un petit bocal robotisé, capable de posséder autrui | Jeff Bennett |
| Young Justice et Outsiders | Le gorille albinos, matricule L-10 au sein de la Lumière | Effets vocaux de Dee Bradley Baker, puis de Greg Weisman |
| Stargirl, saison 3 (2022) | Le gorille, puis le corps de Starman | Joel McHale, également interprète de Starman (le gorille est doublé par un acteur non crédité) |
| DC Universe Online | Personnage du jeu | Brian Jepson |
| Lego Batman 3: Beyond Gotham | Personnage jouable | Travis Willingham |
FAQ — Questions fréquentes
Qui est Ultra-Humanité dans l'univers de Superman ?
C'est un savant criminel apparu dans Action Comics #13, daté de juin 1939, et le premier adversaire récurrent de Superman. Son corps d'origine est celui d'un vieillard paralysé des jambes, sans aucun pouvoir physique. Sa particularité est de faire transplanter son cerveau dans d'autres corps, y compris celui d'un gorille.
Ultra-Humanité est-il arrivé avant Lex Luthor ?
Oui, de dix mois : il entre en scène en juin 1939, et le patron de LexCorp arrive dans Action Comics #23, daté d'avril 1940. Les sources divergent entre « premier super-vilain » et « premier adversaire récurrent » ; la seconde formule est celle que toutes soutiennent, puisqu'il revient sur six récits là où les autres criminels de l'époque ne font qu'un numéro.
Pourquoi Ultra-Humanité change-t-il de corps ?
Parce que les corps humains ordinaires se dégradent sous son activité mentale, de plus en plus vite. Dans la version de 2009, une maladie dégénérative s'y ajoute dès la naissance : la greffe devient une question de survie. Vous le verrez ainsi passer d'un vieillard à une actrice, puis à un gorille, puis à un corps cloné.
Pourquoi Ultra-Humanité est-il un gorille blanc ?
Parce que c'est un réceptacle assez robuste pour durer : les fiches lui donnent 2,36 m et 302 kg. Il apparaît pour la première fois sous cette forme dans JLA #195 à #197, datés d'octobre à décembre 1981. Sur la façon dont la greffe a eu lieu, deux récits coexistent sans se recouvrir, l'un situé en 1948, l'autre au Congo.
Quel est le vrai nom d'Ultra-Humanité ?
Gerard Shugel, mais seulement depuis Power Girl (volume 2) #2, daté d'août 2009. Les fiches du personnage historique portent « inconnu » : le vilain de 1939 n'avait pas d'identité civile. Le rapprochement entre « Shugel » et les noms de Shuster et Siegel est souvent cité, mais il n'est pas sourcé par l'éditeur.
Ultra-Humanité et Ultraman, est-ce le même personnage ?
Non, et la confusion est fréquente. Ultraman est un Superman inversé venu de Terre-3, membre du Syndicat du Crime. Il ne faut pas non plus le confondre avec Xavier Simon, un ennemi de Batman de 1979 qui transfère lui aussi son esprit dans un gorille albinos, ni avec Gorilla Grodd, ennemi de Flash né singe.
Qui est Dolores Winters ?
Une jeune actrice enlevée dans Action Comics #20, daté de janvier 1940, et dont le corps sert d'hôte au cerveau du savant pendant deux numéros. Superman le reconnaît à son regard. Elle revient vivante dans JSA Classified #20, daté de février 2007 : son cerveau avait été placé dans un autre corps. La série Stargirl reprend ce détail en 2022.
Qui joue Ultra-Humanité dans la série Stargirl ?
Joel McHale, qui interprète aussi Sylvester Pemberton, alias Starman, est crédité pour le personnage en saison 3. Cette saison, sous-titrée « Frenemies », démarre le 31 août 2022, et l'intrigue se dénoue dans les derniers épisodes, de novembre et décembre. Vous y verrez le vilain passer du corps du gorille à celui de Starman.
Ultra-Humanité apparaît-il dans les comics récents ?
Oui. Après une version New 52 très différente — un extraterrestre de la Zone Fantôme, dans Action Comics (volume 2) #37, daté de février 2015 — le personnage classique revient dans Deathstroke (volume 4) #24, daté de décembre 2017, puis dans Superman and the Authority, de septembre à décembre 2021, où il occupe le corps de Solomon Grundy et annonce qu'il visera désormais le fils de Superman.
Conclusion
Si vous ne retenez qu'une chose d'Ultra-Humanité, retenez qu'il a été premier et qu'on l'a oublié quand même. Six récits entre juin 1939 et février 1940 ont suffi à inventer la figure du savant qui en veut à Superman, puis le patron de LexCorp a hérité du rôle dès avril 1940. Il a mis plus de quarante ans à revenir le dire.
Son intérêt tient à sa mécanique plus qu'à ses crimes. Un vilain qui change de corps traverse les époques sans vieillir : actrice en 1940, gorille en 1981, vieux justicier en 2002, mort-vivant en 2021, sans qu'une ligne de son projet bouge. Pour prolonger la lecture, vous pouvez repartir de l'autre grand cerveau de la galerie, comparer avec le Superman inversé de Terre-3, ou voir à quoi ressemblait le monde de Superman aux premières heures du Golden Age.