Superman face à Manchester Black, le télépathe de l’Élite

Manchester Black : le télépathe de l'Élite qui veut faire plier le code de Superman

Ennemis de Superman
DC Comics L'Élite Action Comics #775 ⏱ 10 min de lecture

Tout savoir sur Manchester Black, le psychique britannique qui a fondé l'Élite pour prouver que le refus de tuer de Superman n'était qu'une pose. Vous trouverez ici son état civil, ses pouvoirs réels, le détail de son entrée en scène en 2001, et la longue suite que l'on oublie souvent : sa mort, son retour contre la famille Kent, son recrutement par Superman lui-même, puis sa fin dans un laboratoire de LexCorp. Le comic et le film qui l'ont rendu célèbre ont leur propre dossier : cette page raconte l'homme.

Manchester Black : qui est le fondateur de l'Élite

Manchester Black est un ennemi de Superman qui ne se sert presque jamais de ses poings. C'est un métahumain britannique, un psychique, et son arme est une question : à quoi sert un héros qui refuse de tuer quand les criminels recommencent ? Il la pose devant les caméras, et le public lui a longtemps donné raison.

Le personnage naît dans Action Comics #775, daté de mars 2001, écrit par Joe Kelly et dessiné par Doug Mahnke. Le même numéro lance son équipe, l'Élite. Aucune identité civile ne lui est attribuée : Manchester Black est son seul nom, et rien dans les sources ne le fait venir de la ville anglaise dont il porte le nom — elles le situent à Londres. Un accent épais et un tatouage Union Jack complètent le portrait.

Dans la galerie des adversaires, il n'est ni une puissance brute comme le tyran d'Apokolips ni un industriel comme le patron de LexCorp. Il attaque la règle que l'Homme d'Acier s'est donnée, pas son corps. Sa trajectoire suit la même ligne brisée : ennemi, mort, revenu, recruté par Superman, traître, puis victime.

L’essentiel

  • Nom : Manchester Black — aucune identité civile distincte dans les sources consultées
  • Espèce : métahumain, britannique
  • Première apparition : Action Comics #775, date de couverture mars 2001
  • Créateurs : Joe Kelly au scénario, Doug Mahnke au dessin
  • Équipe fondée : l'Élite, dont il est le premier chef
  • Autres affiliations : Suicide Squad, S.T.A.R. Labs, The Authority
  • Pouvoirs : télékinésie, lecture de pensées, contrôle mental, illusions, manipulation des souvenirs
  • Sœur : Vera Black, alias Sister Superior

Action Comics #775 : l'entrée en scène de 2001

Le numéro s'intitule « What's So Funny About Truth, Justice & the American Way? ». L'Élite y débarque en justiciers létaux : elle règle les affaires en exécutant les coupables, et l'opinion applaudit. Superman s'y oppose. L'équipe emmène alors le héros sur Io, une lune de Jupiter, pour un combat diffusé en direct.

Black y manque de le tuer par voie psychique, en lui provoquant des lésions cérébrales. La riposte de Superman est une leçon de dosage : une vision capable de traverser la matière pour localiser la portion mutée du cerveau de son adversaire, puis un faisceau de chaleur réduit au strict nécessaire dirigé dessus. Les pouvoirs du télépathe s'éteignent, il ne meurt pas, et toute l'Élite survit puis finit arrêtée.

Sur le geste exact, les sources divergent : retirer la zone mutée pour certaines, neutralisation temporaire pour d'autres — cette seconde lecture colle mieux à la suite, puisque Black récupérera ses pouvoirs après s'être évadé de la garde gouvernementale. Le débat du numéro répondait au succès de séries plus violentes de l'époque, The Authority en tête. Le comic et son adaptation animée ont leur analyse à part : ici, le #775 n'est que son premier chapitre.

Les pouvoirs de Manchester Black, et leur point faible

Le titre de télépathe est défendable mais incomplet : les récits mettent surtout en avant sa télékinésie, et une fiche d'équipe le résume même par la seule formule « télékinésiste britannique ». Son registre réel est plus large.

  • télékinésie ;
  • lecture de pensées ;
  • contrôle mental ;
  • projection de pensée ;
  • génération d'illusions ;
  • manipulation des rêves ;
  • manipulation des souvenirs ;
  • détection du mensonge.

L'échelle compte autant que la liste : il a déjà tenu des milliers d'esprits à la fois. Face à l'arsenal kryptonien, cela compense l'écart de force : un pouvoir mental contourne l'invulnérabilité au lieu de l'affronter. Même principe que chez le trublion de la cinquième dimension : la peau du héros ne protège de rien quand l'attaque passe par la tête.

Le point faible est anatomique : ses capacités tiennent à une portion mutée du cerveau, celle que Superman vise en 2001. Pour le reste, Black est un stratège. Il travaille en équipe, lance des tiers à sa place, monnaie son accès à un camp pour servir l'autre. Un cogneur se mesure à ses coups ; lui se mesure à ses montages.

L'Élite, son équipe — et la confusion avec The Authority

L'Élite n'est pas Manchester Black : c'est l'équipe qu'il fonde, qu'il dirige en premier, et qui lui survivra. Autour de lui, des noms de code — Coldcast, Menagerie, The Hat. Les comics les campent sommairement : Coldcast manipule l'électromagnétisme, Menagerie est une Portoricaine à l'armure symbiotique, et The Hat tire n'importe quel objet de son chapeau magique.

La force du groupe est moins ses pouvoirs que son argument. L'Élite agit vite, montre les corps, et laisse Superman expliquer pourquoi il ne fait pas pareil. C'est une concurrence de légitimité, et elle fonctionne : le public préfère ceux qui tuent. Un Superman qui aurait cédé sur ce point, une continuité entière l'a mis en scène, et il n'y gagne pas la paix.

Dernier piège, le plus fréquent : l'Élite et The Authority sont deux choses différentes. L'Élite de 2001 fait écho au débat qu'avait ouvert le succès de The Authority, et vingt ans plus tard Black rejoindra une Authority — celle que monte Superman, à côté de l'équipe officielle du héros. Deux équipes, deux époques, un seul homme au milieu.

2002 : la fausse mort de Lois et le suicide

Entre les deux vient Our Worlds at War, crossover d'août à octobre 2001 étalé sur une vingtaine de titres, dont Action Comics #780-782 et Adventures of Superman #593-596. Black y passe du côté du gouvernement à partir d'Adventures of Superman #593, daté d'août 2001. L'escouade qu'on lui prête n'est pas recoupée : mieux vaut ne pas la détailler.

Le sommet du personnage vient en 2002. Black a découvert le secret du journaliste à lunettes et lance des dizaines de super-vilains contre l'entourage du héros. Puis il frappe au point exact : il lui fait croire qu'il a tué la journaliste du Daily Planet, pour l'amener à tuer en retour. Superman choisit l'emprisonnement.

C'est là que l'argument se retourne contre son auteur. À force de pousser un héros à devenir un bourreau, Black est devenu exactement ce qu'il prétendait combattre : un super-vilain. Il se suicide dans Action Comics #796, daté de décembre 2002. Pour un personnage qui voulait démontrer une faille dans le refus de tuer, c'est la démonstration inverse qui est publiée.

Vera Black, sa sœur : l'Élite reprise autrement

L'équipe ne meurt pas avec lui. Vera Black, alias Sister Superior, est sa sœur, créée par le même duo Joe Kelly et Doug Mahnke. Les fiches situent sa première apparition dans JLA #100, daté d'août 2004 — date cohérente avec la suite, mais qui ne repose que sur une seule source encyclopédique.

Elle devient la deuxième cheffe de l'Élite et change le cadre : le groupe devient une unité d'opérations spéciales adossée à la Ligue, au lieu d'un commando qui agit contre elle. Cela donne Justice League Elite, douze numéros mensuels de septembre 2004 à août 2005, écrits par Joe Kelly et dessinés par Doug Mahnke. L'effectif réunit Sister Superior, Coldcast, Menagerie, Manitou Raven, Green Arrow, Flash (Wally West), Major Disaster, Kasumi et Naif al-Sheikh, avec une base à Somerset, dans le New Jersey.

Le mobile de Vera est écrit noir sur blanc : elle voit cette équipe comme une expiation des actes de son frère. D'où une confusion qui fausse tout résumé : Manchester Black et Vera Black sont deux personnages distincts, et la série de 2004-2005 n'est pas la sienne. Il est alors mort depuis décembre 2002, et ne reparaîtra qu'une douzaine d'années plus tard.

Black Dawn (2017) : Manchester Black contre la famille Kent

Un premier retour est situé en 2014, dans Teen Titans (volume 5) #1, daté de septembre 2014 et sorti le 16 juillet. Prudence : les fiches lui prêtent un rôle de cadre de S.T.A.R. Labs, mais aucune critique consultée ne le nomme. Le retour qui compte arrive trois ans plus tard.

C'est Black Dawn, arc en six parties dans Superman (volume 4) #20 à #25, écrit par Peter J. Tomasi et Patrick Gleason, dessiné par Doug Mahnke, Jaime Mendoza et Patrick Gleason. Le #20 sort le 5 avril 2017, le #24 le 7 juin, le #25 — la conclusion — le 21 juin. Divergence de catalogage : la première partie est titrée « Black Dawn » par certaines sources, « Superman Black » par d'autres.

Le contenu change la nature de la menace. L'instabilité des pouvoirs de l'enfant de Clark et Lois n'est pas un accident de croissance : elle est l'œuvre de Manchester Black, qui manipule le garçon. Black le prend en otage dans le #24, et les pouvoirs de Jon redeviennent normaux après sa défaite. L'arc se referme sur le départ des Kent, du comté de Hamilton vers la grande ville du héros. Le procureur du code de 2001 est devenu un adversaire de famille.

2021-2022 : d'ennemi à recrue, puis à traître

Le virage le plus inattendu arrive le 21 juillet 2021 avec Superman and the Authority #1, mini-série de quatre numéros signée Grant Morrison au scénario et Mikel Janín au dessin. Superman y recrute Manchester Black lui-même, pour une équipe clandestine chargée des missions que la Ligue ne peut pas prendre. L'homme qui voulait démontrer la faiblesse du héros devient son employé.

Cette mini-série est le prélude de la Warworld Saga, qui court de mars 2021 à août 2022 : Action Comics #1029-1046, Superman volume 5 #29-32 et Superman: Warworld Apocalypse #1, écrits par Phillip Kennedy Johnson. L'Authority de Superman y compte Apollo, Midnighter, Enchantress, Manchester Black, Guardian et Lightray. Sur le monde-arène du seigneur de Warworld, Black est torturé, et c'est Superman qui le tire de là.

La trahison est révélée dans Action Comics #1049 : pendant toute la mission, Black renseignait Lex Luthor, à qui il faisait passer informations et technologie. Il n'a donc pas changé de camp, il a changé de client. Et ce choix va lui coûter beaucoup plus cher que les barreaux de 2001.

Action Comics #1050 : Luthor s'en sert, puis s'en débarrasse

Le numéro est mis en vente le 27 décembre 2022, pour une couverture datée de février 2023. Luthor y retient Manchester Black dans un laboratoire LexCorp et se sert de ses pouvoirs psychiques comme d'une machine. Le dispositif porte un nom, « Project : Blackout », et mêle de la technologie récupérée sur Warworld à celle de Bendix.

Son effet est considérable : faire oublier au monde entier que Clark Kent et Superman sont le même homme. Black meurt dans l'opération — avec une réserve que les sources gardent, puisque c'est Luthor qui l'affirme. Pour un personnage qui avait fait de l'identité secrète du héros son levier en 2002, finir en pièce du mécanisme qui l'efface a quelque chose de cruel.

La fin de parcours dit tout du personnage : il n'est plus l'adversaire, il est l'outil, et l'homme qui a poussé son ambition jusqu'à la Maison-Blanche le jette après usage. Il revient pourtant : dans Superman (2023) #38, sorti le 27 mai 2026, signé Joshua Williamson et Dan Mora, il guette Superboy-Prime en attendant son heure, au cœur de l'événement « Reign of the Superboys ». Le mécanisme de cette résurrection n'est pas recoupé : qu'il soit de retour est établi, comment reste à vérifier.

Manchester Black à l'écran : animation, série, jeux vidéo

L'adaptation la plus fidèle est un film d'animation, Superman vs. The Elite, sorti le 12 juin 2012, réalisé par Michael Chang sur un scénario de Joe Kelly lui-même : 76 minutes tirées d'Action Comics #775. Robin Atkin Downes prête sa voix à Manchester Black adulte, Grey DeLisle à l'enfant, George Newbern à Superman, Pauley Perrette à Lois Lane. Kelly explique avoir dû dépasser le cadre du numéro pour que l'histoire tienne comme film, en gardant son cœur : la pertinence du code moral de Superman.

La version télévisée est très différente. David Ajala l'interprète en récurrent dans la quatrième saison de la série portée par Kara Danvers, sur six épisodes diffusés entre le 4 novembre 2018 et le 17 mars 2019. Ce Manchester Black est le fiancé de Fiona Byrne, extraterrestre télépathe assassinée par les Children of Liberty, et son moteur est la vengeance. Son interlocuteur n'est pas Superman mais le télépathe martien J'onn J'onzz.

L'épisode 4x13 reprend mot pour mot le titre du comic de 2001 : Black s'évade de prison et forme son Élite avec Hat, Menagerie — Pamela Ferrer, jouée par Jessica Meraz — et une extraterrestre Morae, puis détourne le satellite Claymore du président Baker pour le retourner contre la Maison-Blanche. Il s'enfuit avec un anneau de la Légion et meurt deux épisodes plus tard, tué par J'onn. Dans la liste des séries et des animations Superman, il existe donc en série et en dessin animé ; aucun film en prise de vues réelles ne l'a jamais repris. Deux jeux l'accueillent : LEGO Batman 3: Beyond Gotham, où Robin Atkin Downes le double à nouveau, et Scribblenauts Unmasked.

Deux Manchester Black : les comics et la série Supergirl
Comics (depuis 2001) Supergirl, saison 4 (2018-2019)
Derrière le personnage Joe Kelly au scénario, Doug Mahnke au dessin David Ajala, crédité en récurrent
Ce qui le motive démontrer que le refus de tuer est une pose venger Fiona Byrne, sa fiancée assassinée
Son adversaire principal Superman J'onn J'onzz, le Martian Manhunter
Son Élite Coldcast, Menagerie, The Hat Hat, Menagerie (Pamela Ferrer), une extraterrestre Morae
Sa fin suicide dans Action Comics #796 (décembre 2002), puis mort chez Luthor en 2023 tué par J'onn dans l'épisode 4x15

FAQ — Questions fréquentes

Qui est Manchester Black ?

Un métahumain britannique psychique, fondateur et premier chef de l'Élite, une équipe de justiciers qui exécutent les criminels. Son but n'est pas de tuer Superman mais de lui faire abandonner son refus de tuer. Vous le croiserez d'abord comme ennemi, puis comme recrue du héros.

Dans quel comics Manchester Black apparaît-il pour la première fois ?

Dans Action Comics #775, par Joe Kelly et Doug Mahnke, sous le titre « What's So Funny About Truth, Justice & the American Way? ». Le numéro lance aussi l'Élite. La presse spécialisée confirme l'année et le numéro ; le mois de couverture, mars 2001, vient des fiches encyclopédiques.

Quels sont les pouvoirs de Manchester Black ?

Télékinésie, lecture de pensées, contrôle mental, projection de pensée, illusions, manipulation des rêves et des souvenirs, détection du mensonge. Il a déjà tenu des milliers d'esprits à la fois. Tout cela tient à une portion mutée de son cerveau, qui est aussi sa faiblesse.

Comment Superman l'a-t-il battu dans Action Comics #775 ?

En visant la zone mutée de son cerveau avec sa vision à rayons X puis sa vision calorifique, ce qui coupe ses pouvoirs sans le tuer. Les sources divergent sur la mécanique : retrait de la zone, ou neutralisation temporaire. La seconde lecture colle mieux à la suite, puisqu'il récupérera ses pouvoirs.

Manchester Black est-il mort ?

Deux fois, et jamais définitivement. Suicide dans Action Comics #796, daté de décembre 2002, puis mort dans Action Comics #1050, en vente le 27 décembre 2022, pendant l'opération de Lex Luthor — « du moins selon Luthor », précisent les sources. Il réapparaît dans Superman (2023) #38, le 27 mai 2026.

Manchester Black et l'Élite, est-ce la même chose ?

Non. L'Élite est l'équipe, il en est le fondateur et le premier chef. Elle lui survit sous la direction de sa sœur Vera Black, dans Justice League Elite (septembre 2004 à août 2005). Et l'Élite n'est pas The Authority, qui est une autre équipe.

Qui est Vera Black ?

La sœur de Manchester Black, alias Sister Superior, créée par Joe Kelly et Doug Mahnke. Deuxième cheffe de l'Élite, elle en fait une unité d'opérations spéciales adossée à la Ligue. Les fiches situent sa première apparition dans JLA #100, daté d'août 2004.

Manchester Black a-t-il déjà été du côté de Superman ?

Oui, et c'est le retournement le plus surprenant de son dossier. Superman le recrute dans Superman and the Authority #1, le 21 juillet 2021, puis le sauve de la torture pendant la Warworld Saga. Action Comics #1049 révèle pourtant qu'il renseignait Lex Luthor depuis le début.

Qui joue Manchester Black dans la série Supergirl ?

David Ajala, en récurrent sur la saison 4, dans six épisodes diffusés du 4 novembre 2018 au 17 mars 2019. Cette version est loin du comic : mue par la vengeance après le meurtre de sa fiancée Fiona Byrne, elle affronte J'onn J'onzz, qui finit par le tuer.

Conclusion

Si vous ne retenez qu'une chose de Manchester Black, retenez qu'il appartient à une famille d'ennemis rare : ceux qui attaquent une idée. Luthor veut gagner, lui veut faire avouer. Son échec de 2002 est donc aussi la plus nette victoire de la règle que Superman s'impose : le héros a refusé de tuer alors qu'on lui avait fabriqué toutes les raisons de le faire.

Le reste de son parcours vaut la lecture parce qu'il refuse la ligne droite. On peut l'aborder par le comic de 2001 et son adaptation animée, par le retour de 2017 contre le fils de Clark Kent, ou par la fin de 2022 où son dernier employeur le réduit à une pièce de machine. Dans les trois cas, le même personnage : un homme qui voulait avoir raison plus que gagner, et qui a échoué aux deux.

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