Le crâne atomique en flammes d’Atomic Skull, ennemi de Superman

Atomic Skull : les deux porteurs du crâne atomique face à Superman

Ennemis de Superman
DC Comics Deux porteurs Ennemi de Metropolis ⏱ 9 min de lecture

Tout savoir sur l'Atomic Skull commence par une question : duquel parle-t-on ? Deux hommes ont porté ce crâne d'énergie, et rien ne les relie. Albert Michaels, directeur de S.T.A.R. Labs devenu chef d'un réseau criminel, est le porteur d'avant Crisis. Joseph Martin, arrivé en 1991, est le porteur moderne : un métahumain au cerveau abîmé qui se croit le héros d'un feuilleton. Voici les deux parcours, et ce que les sources refusent de trancher.

Atomic Skull : deux hommes, un seul crâne

Le nom Atomic Skull ne désigne pas un personnage, mais deux. Les index de référence les séparent par un chiffre : Atomic Skull I et Atomic Skull II, étiquettes de classement plutôt que surnoms de récit.

Le premier est le docteur Albert Michaels, cadre scientifique de la ville de l'Homme d'Acier : directeur de S.T.A.R. Labs, puis chef de l'organisation criminelle SKULL. Il appartient aux comics d'avant Crisis, de 1976 à 1982 — un second couteau du catalogue Superman, un rôle de série B que la continuité a rangé de côté.

Le second est Joseph Martin, arrivé en 1991. Pas un scientifique, un métahumain : force et endurance surhumaines, décharges d'énergie, et une perte totale de ses cheveux.

Les deux fiches de profil le répètent, chacune de son côté : aucun lien connu n'existe entre ces deux hommes.

Les deux porteurs, d'après leurs fiches de profil
Fiche Albert Michaels Joseph Martin
Ère Avant Crisis (1976-1982) Après Crisis (depuis 1991)
Métier Directeur de S.T.A.R. Labs, puis chef de SKULL Métahumain au cerveau abîmé
Origine Implants cybernétiques Bombe génétique des Dominateurs
Face à Superman Ennemi déclaré Se croit le héros, le tient pour la menace

Albert Michaels, de S.T.A.R. Labs à la tête de SKULL

Sa fiche, tirée du Who's Who de mars 1985, tient en quelques lignes : américain, 1,80 m, 82 kg, base d'opérations Metropolis, profession « criminel professionnel ».

L'origine du pouvoir est médicale avant d'être criminelle. Michaels souffre d'un trouble nerveux rare ; pour rétablir les impulsions électriques de son cerveau, il recourt à des implants cybernétiques, et découvre ensuite qu'ils convertissent ses ondes cérébrales en décharges d'énergie. Une autre version, incompatible, circule : seule la fiche de profil est retenue ici.

Ce qui en fait un ennemi par construction, c'est sa place : il a dirigé le laboratoire auquel Superman confie ses problèmes scientifiques avant de prendre la tête de SKULL. Le décor de ses histoires — S.T.A.R. Labs, le WGBS Building, le 344 Clinton St. — est celui de la vie civile de Clark Kent. Sa fiche ajoute qu'après la remise à plat de la continuité DC, ce statut n'est plus canonique.

Trois premières apparitions, et des créateurs qui changent

Un personnage ordinaire a une première apparition. Celui-ci en a trois, et sa fiche le dit. Selon celle qu'on retient, les créateurs ne sont pas les mêmes.

Superman vol. 1 #303, couverture de septembre 1976 : l'index porte la mention « Albert Michaels (first appearance) », à la rubrique des vilains, avec Gerry Conway au scénario et Curt Swan au crayonné. Puis Superman vol. 1 #323, couverture de mai 1978 : « first appearance as the Atomic Skull ». C'est le costume qui naît là, pas l'homme, sous la plume de Martin Pasko.

La troisième est Teen Titans Spotlight #16, novembre 1987, signée Tony Isabella et Chuck Patton : première apparition canonique d'après Crisis. La contradiction est dans les sources elles-mêmes : l'encyclopédie collaborative en ligne donne #303 et crédite Conway et Swan dans son encadré, puis #323 et Pasko dans son texte.

Les trois premières apparitions d'Albert Michaels

Septembre 1976Superman vol. 1 #303 : Michaels entre en scène sans costume, déjà rangé parmi les vilains.
Mai 1978Superman vol. 1 #323 : première apparition en Atomic Skull.
Novembre 1987Teen Titans Spotlight #16 : première apparition canonique après Crisis.
À retenirN'en citer qu'une revient à choisir une définition sans le dire.

SKULL : l'organisation existait avant l'homme

La confusion la plus fréquente ne vise pas les deux porteurs, mais le mot « skull ». SKULL est une organisation criminelle, et elle précède Michaels de deux numéros : elle apparaît dans Superman vol. 1 #301, couverture de juillet 1976, créée par Gerry Conway et José Luis García-López.

Sa fiche, parue dans le Who's Who de novembre 1986, la décrit née à Metropolis puis étendue à la côte Ouest, et « apparemment inactive de nos jours ». Michaels la dirige : il ne l'incarne pas. Les index le marquent — dans Superman vol. 1 #325, l'Atomic Skull et SKULL forment deux entrées distinctes, aux côtés de Jenet Klyburn, Morgan Edge et Perry White.

La distinction compte : le danger de Michaels est autant organisationnel que physique. Il n'a ni la force ni l'invulnérabilité, mais un laboratoire, un réseau et une tête bien faite, comme d'autres adversaires bâtis sur l'intelligence plutôt que la force.

Joseph Martin : le porteur moderne, né d'une bombe génétique

Le second porteur débute deux fois dans le même mois, octobre 1991 : Adventures of Superman #483 présente le civil, par Jerry Ordway et Jim Fern ; Action Comics #670, « Skullduggery », le costumé, par Roger Stern et Bob McLeod.

Pendant Invasion!, la bombe génétique des Dominateurs déclenche les métagènes de nombreux humains. Martin est l'un d'eux : force et endurance surhumaines, décharges d'énergie, perte totale de ses cheveux. Son visage de crâne n'est pas un masque. Le basculement vient ensuite : roué de coups par des malfrats, il subit de lourdes lésions cérébrales et perd le contact avec le réel.

Le mois suivant, Superman: The Man of Steel #5 lui consacre « The Curse of the Atomic Skull », par Louise Simonson, Curt Swan et Jon Bogdanove, avec Lois Lane et Jimmy Olsen au casting. Détail savoureux : Swan, cocréateur du premier Atomic Skull, dessine ici le second.

Le feuilleton Atomic Skull qui a inversé les rôles

Tout le personnage moderne tient dans un malentendu. Martin se modèle sur un feuilleton mettant en scène un super-héros appelé « the Atomic Skull », s'en fabrique le costume et parcourt Metropolis. Dans sa tête, les rôles sont inversés : c'est lui le héros, et Superman la menace à éliminer.

Sa fiche le dit en toutes lettres : ce n'est pas un super-vilain à proprement parler. Il a en revanche été manipulé par de vrais criminels, qui ont su quoi faire d'un homme sûr d'agir bien. D'où des titres à double fond : en avril 1997, Action Comics #732 s'intitule « The Saving Skull ».

Les sources divergent sur la nature du feuilleton : la fiche parle d'un feuilleton télévisé, l'encyclopédie collaborative d'un vieux serial de cinéma. Un détail que l'autre source ne reprend pas : la fiche ajoute que le héros de ce feuilleton était visiblement calqué sur le vilain d'origine. C'est la seule passerelle entre les deux porteurs, et elle est de carton-pâte. Un pacte avec Neron lui est aussi parfois prêté : l'index d'Underworld Unleashed ne mentionne aucun marché.

Pouvoirs : un tireur face à un cogneur

Michaels convertit ses ondes cérébrales en décharges d'énergie puissantes, et sa fiche ne lui attribue rien d'autre : ni force surhumaine, ni vol, ni peau capable d'encaisser un impact. Ce n'est pas un cogneur, c'est un tireur, doublé d'un administrateur et d'un chef de réseau.

Il a aussi du matériel : l'index de DC Comics Presents #35, de juillet 1981, situe une partie de l'action à bord de son vaisseau en forme de crâne, le « Flying Skull ». Hors du périmètre Superman, sa fiche lui donne pour adversaires le Flash de la deuxième génération et le premier Firestorm.

Martin, lui, cumule force et endurance surhumaines et projection d'énergie : un physique, là où Michaels était un cerveau. Face à la puissance brute d'un Kryptonien, aucun des deux ne gagne par la force. Plusieurs précisions sur la couleur des décharges ou l'émission de radiations circulent sans avoir pu être recoupées. Pour une comparaison, l'ennemie électrique née dans la série animée joue sur un registre voisin.

Atomic Skull à l'écran : animation et télévision

Aucune apparition au cinéma en prises de vues réelles à ce jour : ni chez Christopher Reeve, ni dans le DCEU, ni dans le Superman de James Gunn. C'est du côté de la télévision et de l'animation qu'il faut chercher.

Dans Justice League Unlimited, il figure dans la Secret Society fondée par Gorilla Grodd et passée depuis sous la direction de Lex Luthor, dans « Alive! » puis « Destroyer », les deux épisodes de mai 2006, avec la voix de Lex Lang. L'épisode « Revelation » de Young Justice, le 14 octobre 2011, en fait l'un des sept de l'Injustice League.

Superman vs. The Elite, sorti le 12 juin 2012, est son passage le plus lourd de conséquences : Joseph Martin y ouvre le film, tue des civils, s'évade, et Manchester Black l'exécute. Ce geste déclenche tout le désaccord du film avec la ligne que Superman refuse de franchir. La deuxième saison de la série animée qui modernise l'Homme d'Acier en fait, en 2024, un agent de Task Force X.

Une mise au point. Dans le dessin animé de 1988 produit par Ruby-Spears, un Albert Michaels figure au segment « Fugitive from Space », mais comme scientifique de S.T.A.R. Labs, sans réplique et sans costume : écrire que l'Atomic Skull apparaît dans cette série serait inexact.

Qui porte le crâne depuis 2012 ?

À partir de la relance New 52, les index cessent de nommer un civil. Action Comics Annual vol. 2 #1, de décembre 2012, le ramène dans « Anchiale », six pages par Max Landis et Ryan Sook, avec la seule mention « first New 52 appearance ». En juillet 2014, il figure parmi les vilains de Superman: Doomed, aux côtés de l'homme au cœur de kryptonite, puis dans Superwoman jusqu'en mars 2018.

L'arc « Atomic » de Batman/Superman vol. 2, en 2020, est le plus net : après une explosion au centre de Gotham, les deux héros cherchent qui a piégé l'Atomic Skull comme une bombe. La réponse est Ultra-Humanite, et l'index le porte « deceased ». Il revient pourtant de Flash vol. 1 #775 en décembre 2021 jusqu'à un arc de 2026 : écrire qu'il est mort serait faux.

Reste la question du nom. Les bases de référence classent toutes ces apparitions dans la chronologie d'Albert Michaels ; les index des numéros n'écrivent aucun nom civil ; et les mêmes bases attribuent à Joseph Martin l'essentiel des versions modernes à l'écran. Ces chronologies comportent en outre des trous, ce qui interdit d'annoncer un total d'apparitions. La question reste ouverte.

FAQ — Questions fréquentes

Qui est Atomic Skull dans DC Comics ?

Deux personnages distincts. Le docteur Albert Michaels, directeur de S.T.A.R. Labs passé chef de l'organisation SKULL, est le porteur d'avant Crisis. Joseph Martin, apparu en octobre 1991, est le porteur moderne. Leurs fiches précisent qu'aucun lien connu ne les relie.

Atomic Skull et Reactron, est-ce le même personnage ?

Non. Le vilain à réacteur nucléaire de la série Supergirl est Reactron, de son vrai nom Ben Krull, joué par Chris Browning en novembre 2015. Ne le confondez pas davantage avec Nuclear Man ni avec le Red Skull de Marvel.

Quelle est la première apparition d'Atomic Skull ?

Il y en a trois, et c'est la définition qui tranche : Albert Michaels dans Superman vol. 1 #303 (septembre 1976), le costume dans le #323 (mai 1978), la version canonique d'après Crisis dans Teen Titans Spotlight #16 (novembre 1987).

Atomic Skull est-il apparu au cinéma en prises de vues réelles ?

Aucune apparition de ce type n'est attestée à ce jour par les sources consultées. Vous le croiserez en revanche en animation, dans Superman vs. The Elite (12 juin 2012).

Pourquoi Joseph Martin se prend-il pour un héros ?

Parce qu'il a perdu le contact avec le réel. Roué de coups par des malfrats, il subit de lourdes lésions cérébrales, puis se modèle sur le héros d'un feuilleton appelé « the Atomic Skull ».

Atomic Skull est-il mort ?

Les sources se contredisent. L'index de Batman/Superman vol. 2, en 2020, le porte « deceased » après l'arc où Ultra-Humanite le piège comme une bombe. Mais sa fiche de profil le donne vivant, et il réapparaît dès décembre 2021.

Qui double Atomic Skull à l'écran ?

Lex Lang dans Justice League Unlimited en 2006, Dee Bradley Baker dans Superman vs. The Elite en 2012, et Max Mittelman dans la série animée consacrée au héros, en 2024.

Conclusion

Un nom, deux hommes, aucun lien entre eux : voilà l'Atomic Skull. Albert Michaels est le porteur d'avant Crisis, scientifique de Metropolis devenu chef de réseau. Joseph Martin est le porteur moderne, et le plus troublant des deux : il frappe Superman en croyant sauver la ville.

Le reste demande de la prudence : trois premières apparitions, des créateurs qui changent selon la définition, et depuis 2012 un costume dont les index ne nomment plus le porteur. Si vous voulez continuer, le faux Superman de Hank Henshaw et le double imparfait de l'Homme d'Acier jouent eux aussi sur l'image retournée du héros.

À lire aussi

Dans la boutique

↑ Retour en haut
Retour au blog

Laisser un commentaire