Les deux Bloodsport face à face : Robert DuBois en rouge et Alex Trent en blanc

Bloodsport : le mercenaire aux balles de kryptonite, de Robert DuBois à Alex Trent

Ennemis de Superman
DC Comics Ennemi humain Trois porteurs ⏱ 9 min de lecture

Tout savoir sur Bloodsport, le tireur qui a envoyé Superman en salle d’opération sans avoir le moindre pouvoir. Vous allez croiser deux hommes derrière le même costume : Robert DuBois, armé par Lex Luthor en 1987, et Alexander Trent, qui hérite de son matériel six ans plus tard. Vous verrez d’où viennent ses munitions et comment Superman coupe son arsenal. Vous comprendrez pourquoi un troisième porteur du nom n’a jamais reçu d’identité. Les adaptations suivent, de la série Supergirl au film de 2021.

Bloodsport, l’humain qui a fait saigner Superman

Bloodsport, dans sa version d’origine, n’a aucun pouvoir : ni force surhumaine, ni vol, ni peau à l’épreuve des balles. C’est un homme ordinaire équipé de deux choses, un appareil qui fait apparaître des armes dans ses mains et des munitions de kryptonite verte. Cela suffit à le ranger parmi les rares humains capables de faire couler le sang de l’Homme d’Acier.

Le personnage naît dans Superman (vol. 2) #4, daté avril 1987, signé John Byrne. Son nom civil est alors Robert DuBois. Six ans plus tard, un second homme reprend le costume et le matériel : Alexander Trent. Un troisième porteur, jamais nommé, suivra en 2006. Le nom survit donc à ses porteurs, cas à part dans la galerie des adversaires de Superman.

L’essentiel

  • Nom réel : Robert « Bobby » DuBois, puis Alexander « Alex » Trent
  • Première apparition : Superman (vol. 2) #4 — avril 1987
  • Créateur : John Byrne (scénario et dessin)
  • Pouvoirs : aucun chez DuBois : un téléporteur d’armes et des munitions de kryptonite
  • Porteurs du nom : trois dans les comics, dont un jamais identifié

Robert DuBois : le déserteur que Lex Luthor a transformé en arme

Avant d’être Bloodsport, Robert « Bobby » DuBois est un homme que la guerre terrifie. Appelé pour le Vietnam, il prend peur et fuit au Canada. Son frère Michael, dit Mickey, part à sa place et en revient amputé des quatre membres. DuBois passe ensuite douze années d’un hôpital psychiatrique canadien à l’autre.

C’est là que Lex Luthor le repère. Ses scientifiques ne soignent rien, ils exploitent la culpabilité : on persuade DuBois qu’il est lui-même un vétéran du Vietnam, on l’habille en treillis, on lui confie un téléporteur d’armes, et on l’oriente vers une cible unique. Luthor n’est pas inquiété pour autant, même après que Superman l’a désigné comme le seul commanditaire possible : cette impunité, Luthor la poussera un jour jusqu’à la présidence des États-Unis. Bloodsport n’est pas son ennemi, c’est son outil.

Superman #4 (1987) : quand Bloodsport met l’Homme d’Acier au bloc

L’histoire s’intitule « Bloodsport! ». DuBois ouvre le feu dans Metropolis et tue plus de vingt-cinq civils, sans autre logique que d’obliger Superman à venir. Le héros remonte la trace de chaleur de sa moto jusqu’au Kenmore Bowling Alley, et le projectile de kryptonite l’atteint en pleine poitrine.

Superman finit au bloc, où le chirurgien doit faire l’inverse de ce que commande la médecine : exposer son patient à des éclats de kryptonite, le temps que sa peau redevienne pénétrable. Démonstration nette du fonctionnement réel de son invulnérabilité et de ce que la kryptonite verte lui fait. Les sources divergent sur le mot — aiguilles, éclats ou balles ; pour 1987, « projectile » reste le terme sûr.

Le dénouement ne vient pas d’un coup de poing : Jimmy Olsen remonte le passé du tireur, retrouve Mickey et l’amène sur place. Devant son frère amputé, DuBois s’effondre : direction Stryker’s Island. Le même numéro marque aussi la première apparition de Maggie Sawyer, du Special Crimes Unit de Metropolis.

Le téléporteur d’armes, vrai pouvoir de Bloodsport

Toute la dangerosité du personnage tient dans un dispositif, qui matérialise dans ses mains n’importe quelle arme d’un arsenal tenu à distance : fusil, lance-missiles, explosif. Rien n’est porté, donc une fouille ne donne rien.

Superman ne casse pas l’appareil, il coupe la liaison : en ionisant l’air autour des mains du tireur à la vision thermique, il brouille l’onde de téléportation et l’arsenal cesse d’arriver. Privé de son flux d’armes, Bloodsport redevient un homme — sa fiche d’époque, dans Who’s Who: Update ’87 #1, ne lui attribue qu’un corps-à-corps basique.

Ses munitions le rapprochent moins d’un surhomme que de Metallo. Détail révélateur : devant le nombre de victimes civiles, Luthor, qui a fourni l’appareil en secret, envoie lui-même une équipe blindée stopper celui qu’il a armé.

Alex Trent, le second Bloodsport armé par Bloodthirst

En 1993, le nom change de porteur. Alexander « Alex » Trent est présenté dans Adventures of Superman #506 et endosse le costume dans le #507, l’épisode « Skin Game ». Les fiches divergent sur la « première apparition » : l’une compte le personnage, l’autre le costume.

Trent, lui, n’est pas une victime : il tue de son plein gré, même si Bloodthirst l’utilise comme instrument. Élevé à Melonville dans une famille affiliée à l’Aryan Brotherhood, il doit son existence à un projet suprémaciste : sa mère a accepté d’être expérimentée pendant sa grossesse, au prix de plus d’une douzaine de vies noires. Le réseau tombe grâce à deux hommes, le militant des droits civiques Franklin Stern et un jeune journaliste, Perry White.

Son équipement lui vient d’un tiers : Bloodthirst, commanditaire et non alias de Bloodsport, récupère le téléporteur de DuBois et le lui implante dans le torse. À Hob’s Heights, dans les cités de Suicide Slum, il tue plus de trente personnes, incendie les immeubles pour occuper Superman, puis tire deux missiles sur Jimmy Olsen et Ron Troupe, du Daily Planet.

Comment un journaliste a fait tomber Trent deux fois

La suite se joue dans Action Comics #694, deuxième volet du crossover « Spilled Blood ». Hi-Tech, une mercenaire à qui Bloodthirst a donné son propre téléporteur, débarque en renfort ; Trent le prend comme un affront et les deux se battent. Blessé, Ron Troupe le met en joue : Trent se téléporte une bombe et se fait sauter.

Il réapparaît dans Action Comics #702, « Bad Sport! », après la Fall of Metropolis : fusillade sur un pont de sortie, des dizaines de morts. Là encore, aucun pouvoir ne l’arrête — Troupe détruit sa réserve d’armes et Superman le neutralise. Bloodsport se bat contre le décor civil du héros, jamais contre une menace cosmique comme Brainiac.

Stryker’s Island, 1995 : le match de boxe qui tue DuBois

Adventures of Superman #526, couverture datée août 1995, s’intitule « Title Bout! ». Les deux Bloodsport se retrouvent au même pénitencier, et Trent hait DuBois. Le directeur de Stryker’s Island croit tenir une soupape à la tension raciale de sa prison : un match de boxe que Superman accepte d’arbitrer.

Le dispositif explose en vol. Trent se téléporte une arme, l’émeute éclate, DuBois s’en empare, ouvre un trou dans le mur et tombe sous les tirs des miradors. Superman, lui, fait ce qu’il fait toujours : il empêche DuBois de tuer Trent. Le code moral tient, et l’homme meurt quand même — cas d’école pour qui s’intéresse aux limites de ce refus de tuer.

Trent n’en sort pas indemne : pour avoir plié devant un homme noir, ses propres alliés mettent le feu à sa cellule. Il réapparaît sept ans plus tard, défiguré par ses brûlures, dans Superman: The Man of Steel #129 (2002), où Superman l’arrête de nouveau. Les fiches divergent sur cet épisode : l’une parle d’un meurtre en cellule, l’autre d’un homme brûlé qui survit — c’est la seconde que la suite du récit confirme.

Trois porteurs du nom : Bloodsport est un équipement

En juillet 2006, dans Superman (vol. 1) #652, un troisième Bloodsport entre en scène. Il n’a pas de nom : aucune source ne lui en donne. Son costume est calqué sur celui de DuBois, son arsenal décrit comme extradimensionnel, sa motivation financière : Intergang promet trente millions de dollars à qui tuera Superman.

Sa méthode reprend celle de ses prédécesseurs : il tire sur Jimmy Olsen pour attirer le héros, qui arrête la balle de justesse. Dans la suite de l’arc, assommé, il laisse partir un coup qui touche Livewire. Le tout appartient à « Up, Up and Away! » de Kurt Busiek et Geoff Johns. D’un porteur à l’autre, l’homme change, le matériel reste : voilà la longévité d’un nom qui compte très peu d’apparitions.

Les trois Bloodsport des comics
Porteur Première apparition Créateurs Ce qui l’arme
Robert « Bobby » DuBois Superman (vol. 2) #4 — avril 1987 John Byrne téléporteur fourni en secret par Lex Luthor
Alexander « Alex » Trent Adventures of Superman #506-507 — fin 1993 Karl Kesel et Barry Kitson le téléporteur de DuBois, implanté par Bloodthirst
Troisième porteur, jamais nommé Superman (vol. 1) #652 — juillet 2006 Kurt Busiek, Geoff Johns et Pete Woods arsenal extradimensionnel, prime d’Intergang

Bloodsport à l’écran : Supergirl, l’animation et le cinéma

En prise de vues réelles, le personnage n’apparaît qu’une fois : « Girl of Steel », premier épisode de la saison 3 de Supergirl, diffusé le 9 octobre 2017. Robert DuBois y est joué par David St. Louis — la graphie du nom varie selon les sources. Mercenaire engagé par l’homme d’affaires Morgan Edge pour faire sauter le front de mer de National City, il est arrêté par la Supergirl de la série. Ni kryptonite, ni Vietnam, ni frère.

En animation, attention au piège. Le seul Bloodsport doté d’une voix et d’un nom civil est celui de Justice League vs. the Fatal Five (2019) : la version Alex Trent, doublée par Tom Kenny. Dans Justice League Unlimited, un combattant du même nom passe en silence dans quatre épisodes, identifié par le seul bandeau d’une arène, sur une fiche conjecturale : lui prêter la biographie de DuBois serait abusif.

Au cinéma, The Suicide Squad, écrit et réalisé par James Gunn, confie le rôle à Idris Elba : sorti au Royaume-Uni le 30 juillet 2021 et aux États-Unis le 6 août, en salles et sur HBO Max. Le film garde le point de départ — ce DuBois est emprisonné pour avoir tiré sur Superman à la kryptonite — et réécrit le reste : britannique, formé par un père mercenaire, père d’une fille, Tyla.

Le Bloodsport moderne, mercenaire tenu par Amanda Waller

Le personnage ne reste pas enterré : Robert DuBois revient dans la continuité récente, d’abord dans The Flash (vol. 5) #61, couverture datée mars 2019, avant de devenir une pièce centrale de la Suicide Squad lancée par Robbie Thompson et Eduardo Pansica en mai 2021.

Ce DuBois-là n’est plus un homme malade mais un mercenaire lucide, qu’Amanda Waller envoie d’un monde à l’autre et qui prend le commandement sur le terrain. Ici Mickey est mort à la guerre, et c’est en tenant prisonniers tous les Mickey du multivers que Waller garde son homme en laisse. Son costume s’aligne sur celui du film.

Attention au contresens : DuBois n’appartient pas à la Suicide Squad dans les comics de 1987-1995. L’escouade, c’est la relance, et les deux récits relèvent de deux époques éditoriales distinctes.

FAQ — Questions fréquentes

Qui est Bloodsport dans l’univers de Superman ?

Un tireur humain équipé d’un appareil qui téléporte des armes dans ses mains et de munitions de kryptonite. Le premier du nom, Robert DuBois, en 1987, n’a pas le moindre pouvoir.

Pourquoi Bloodsport peut-il blesser Superman ?

Grâce à ses seules munitions : la kryptonite verte rend la peau kryptonienne pénétrable. Sans elles, sa fiche d’époque ne lui reconnaît qu’un corps-à-corps basique.

Combien d’hommes ont porté le nom de Bloodsport ?

Trois dans les comics : Robert DuBois en 1987, Alexander Trent en 1993, puis un porteur jamais nommé en 2006. C’est l’équipement qui circule, pas une identité.

Quelle est la première apparition de Bloodsport ?

Superman (vol. 2) #4, avril 1987. Pour Alex Trent les sources divergent : présenté dans Adventures of Superman #506, il apparaît en Bloodsport dans le #507.

Robert DuBois et Alex Trent sont-ils le même personnage ?

Non, et les confondre rend le dossier faux. DuBois est un homme noir, malade, manipulé par Lex Luthor ; Trent est un suprémaciste blanc qui hait précisément DuBois.

Bloodsport est-il le même personnage que Deadshot ?

Non : deux tireurs distincts de DC, rapprochés parce qu’ils gravitent autour de la même escouade. Idris Elba avait d’ailleurs été envisagé pour Deadshot.

Qui joue Bloodsport dans The Suicide Squad ?

Idris Elba, dans le film de James Gunn sorti au Royaume-Uni le 30 juillet 2021 et aux États-Unis le 6 août. Vous y retrouvez la balle de kryptonite.

Comment Superman neutralise-t-il son arsenal ?

En coupant la liaison, pas en frappant : il ionise l’air autour des mains du tireur avec sa vision thermique, ce qui brouille l’onde de téléportation.

Bloodsport apparaît-il dans les dessins animés ?

Oui, avec prudence : la version Alex Trent parle dans Justice League vs. the Fatal Five (2019), alors que le combattant du même nom de Justice League Unlimited n’est qu’un caméo muet. La liste des séries aide à s’y repérer.

Conclusion

Si vous ne retenez qu’une chose, retenez l’objet plutôt que l’homme. Bloodsport est un téléporteur d’armes qui change de propriétaire : DuBois, Trent, un porteur anonyme. Trois hommes, un équipement, et chaque fois un tireur que son seul matériel rend dangereux, avant qu’une riposte très simple ne l’arrête.

Il tient sa place parmi les adversaires les plus dangereux de l’Homme d’Acier non par sa puissance, mais parce qu’il prouve une chose gênante : il suffit d’un arsenal bien choisi et d’un commanditaire patient. Le tour des objets qui ont bâti la légende prolonge ce dossier.

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